Ceci est une retranscription de l’épisode 17 du podcast Journal d’une parabadiste, permettant l’accessibilité au plus grand nombre (personnes sourdes, autistes, TDAH, troubles cognitifs…). Si vous souhaitez écouter l’épisode plutôt que de le lire, cliquez ici : écouter l’épisode
Une question venue d’Instagram
Bonjour à tous, bienvenue dans l’épisode 17 de mon podcast Journal d’une parabadiste. Aujourd’hui, je réponds à une question qui m’a été posée sur Instagram : comment finance-t-on un sport peu médiatisé ? C’est une question super intéressante, et surtout le but de mon podcast est vraiment de lever le voile sur toutes les questions que vous vous posez.
J’adore répondre aux questions directes que vous me faites. Pour ceux qui ont des questions, c’est très simple : soit sur Instagram, le compte c’est @parabadiste.podcast, soit sur Spotify dans la partie commentaires, et moi j’y répondrai dans un prochain épisode.
Beaucoup de clichés sur le sport de haut niveau
Aujourd’hui, vaste chantier : comment on finance une carrière sportive de haut niveau ? D’un côté, il y a les gens qui pensent que le sport, c’est comme le foot et qu’on gagne des millions. De l’autre, ceux qui pensent qu’on n’a même pas de quoi s’acheter une paire de chaussures neuves quand on en a besoin.
Il y a énormément de clichés sur la situation des sportifs de haut niveau en France, donc il est important de faire un point là-dessus.
Il est très difficile de parler de manière générale, car la situation individuelle de chaque athlète peut être diamétralement opposée, y compris dans un même sport. Si on prend le judo par exemple, Teddy Riner, multi-médaillé olympique, n’a évidemment pas la même situation financière qu’un jeune qui vise ses premiers Jeux en 2028, même s’ils pratiquent le même sport et s’entraînent autant.
La réalité statistique des sportifs de haut niveau
En France aujourd’hui, 9 sportifs de haut niveau sur 10 ont soit un métier, soit sont en études en parallèle de leur carrière sportive. Il n’y a que 10 % des sportifs de haut niveau qui vivent uniquement de leur sport et s’y consacrent à 100 %.
Mais avoir un métier ne suffit pas à financer une carrière. Une activité à côté permet surtout de subvenir à ses besoins et de préparer l’avenir.
Le coût réel d’une carrière sportive
Être sportif de haut niveau coûte très cher. Pour performer au niveau mondial, il faut une structure d’entraînement, un lieu pour s’entraîner, un coach, un préparateur physique, un préparateur mental, un accompagnement psychologique et diététique.
À cela s’ajoute le matériel, parfois extrêmement coûteux selon les sports, comme la voile ou le ski. Et bien sûr, les compétitions : déplacements dans le monde entier, transports, hôtels, nourriture, inscriptions.
Selon les sportifs, une saison peut coûter entre 20 000 € et 100 000 €. Ce n’est clairement pas avec un travail à temps partiel ou même à temps plein, en parallèle des entraînements, que l’on peut financer tout cela.
Un message important pour soutenir le podcast
Petit aparté avant de continuer. J’ai vraiment de l’ambition pour mon podcast et j’aimerais qu’il se diffuse le plus possible pour que le plus grand nombre de fans de sport puisse connaître les dessous des carrières de haut niveau.
Vous pouvez m’aider très simplement en mettant une note sur votre plateforme d’écoute, un commentaire et en partageant votre épisode préféré sur vos réseaux sociaux. Merci à tous.
Levier n°1 : les fédérations
Le premier levier de financement, c’est la fédération. Ce sont elles qui peuvent proposer les premières bases de financement pour les athlètes performants. Évidemment, les politiques fédérales varient énormément selon les disciplines.
De manière générale, plus tu performes, plus tu es aidé. C’est un schéma récurrent : pour être aidé, il faut gagner des titres et des médailles. Mais pour gagner des titres et des médailles, il faut pouvoir se consacrer pleinement à son sport. C’est souvent le serpent qui se mord la queue, surtout en début de carrière.
Ce que peuvent financer les fédérations
Les fédérations peuvent financer les structures d’entraînement : accès aux équipements, au matériel, aux entraîneurs, aux préparateurs physiques et mentaux, à l’accompagnement diététique, médical et paramédical, ainsi qu’à la récupération (kinés, bains froids, cryothérapie, pressothérapie).
Cette prise en charge est progressive. L’accès à la salle d’entraînement est assez courant, mais avoir tout le reste à volonté reste beaucoup plus rare.
Les fédérations peuvent aussi intervenir sur les compétitions : inscriptions, déplacements, hébergement. Là encore, cela dépend énormément des sports et des athlètes.
Levier n°2 : les pouvoirs publics
Les pouvoirs publics constituent un autre levier important : l’État, les régions, les départements.
L’Agence Nationale du Sport peut intervenir pour compenser l’impact du sport sur la vie professionnelle : indemnisation des employeurs, financement de remplaçants, ou mise en place de Contrats d’Insertion Professionnelle.
L’ANS peut aussi verser une aide sociale mensuelle aux sportifs en fonction de leurs performances et de leur potentiel aux championnats du monde et aux Jeux.
Les Maisons Régionales de la Performance peuvent également apporter un soutien, comme le financement des frais liés aux aidants sur certaines compétitions.
Enfin, les collectivités locales peuvent attribuer des aides spécifiques selon le lieu de résidence ou d’entraînement.
Le graal : les dispositifs d’insertion professionnelle
Il existe un dispositif particulièrement précieux : les contrats avec l’armée, la police, les douanes.
Le sportif est salarié comme militaire ou agent, mais détaché à 100 % pour son sport. Il se consacre uniquement à l’entraînement et à la compétition, tout en représentant l’institution.
Aux Jeux de Paris 2024, un tiers des médailles françaises ont été remportées par des sportifs issus de ces dispositifs.
Le rôle des clubs
Les clubs peuvent parfois participer aux frais de carrière. Certains athlètes sont salariés de leur club, mais c’est rare. Le plus souvent, les clubs aident à financer les entraînements, les compétitions et servent de support juridique pour le mécénat.
Depuis l’automne 2024, la Fondation du Sport Français permet aux sportifs inscrits sur liste ministérielle d’ouvrir une cagnotte en ligne avec déductions fiscales pour les donateurs.
Les équipementiers et le matériel
Le matériel est un poste de dépense majeur. Les équipementiers peuvent fournir du matériel en échange de visibilité. Le niveau d’équipement dépend fortement des performances et de la notoriété de l’athlète.
Les disparités sont énormes entre les sportifs, selon la médiatisation et la visibilité sur les réseaux sociaux.
Les sponsors privés
Les sponsors privés sont souvent le levier décisif, notamment pour les sports peu médiatisés. Ils permettent de boucler le budget lorsqu’il manque des financements publics.
Le sponsoring ne tombe pas du ciel. Il repose sur la visibilité, mais aussi sur la construction d’une image. J’en parlerai en détail dans le prochain épisode.
Conclusion
En résumé, même s’il existe de nombreux dispositifs pour financer une carrière sportive, cela reste aujourd’hui un véritable casse-tête pour la majorité des sportifs de haut niveau en France.
Avec des contrats précaires, des dossiers à renouveler et beaucoup d’incertitudes, il faut apprendre à actionner tous les leviers disponibles et construire un véritable business plan. Comme dans tout milieu indépendant, on est rarement riche, rarement à la rue, mais on doit compter sur soi-même pour faire fonctionner l’ensemble.
Ceci est une retranscription de l’épisode 17 du podcast Journal d’une parabadiste, permettant l’accessibilité au plus grand nombre (personnes sourdes, autistes, TDAH, troubles cognitifs…). Si vous souhaitez écouter l’épisode plutôt que de le lire, cliquez ici : écouter l’épisode
Une question venue d’Instagram
Bonjour à tous, bienvenue dans l’épisode 17 de mon podcast Journal d’une parabadiste. Aujourd’hui, je réponds à une question qui m’a été posée sur Instagram : comment finance-t-on un sport peu médiatisé ? C’est une question super intéressante, et surtout le but de mon podcast est vraiment de lever le voile sur toutes les questions que vous vous posez.
J’adore répondre aux questions directes que vous me faites. Pour ceux qui ont des questions, c’est très simple : soit sur Instagram, le compte c’est @parabadiste.podcast, soit sur Spotify dans la partie commentaires, et moi j’y répondrai dans un prochain épisode.
Beaucoup de clichés sur le sport de haut niveau
Aujourd’hui, vaste chantier : comment on finance une carrière sportive de haut niveau ? D’un côté, il y a les gens qui pensent que le sport, c’est comme le foot et qu’on gagne des millions. De l’autre, ceux qui pensent qu’on n’a même pas de quoi s’acheter une paire de chaussures neuves quand on en a besoin.
Il y a énormément de clichés sur la situation des sportifs de haut niveau en France, donc il est important de faire un point là-dessus.
Il est très difficile de parler de manière générale, car la situation individuelle de chaque athlète peut être diamétralement opposée, y compris dans un même sport. Si on prend le judo par exemple, Teddy Riner, multi-médaillé olympique, n’a évidemment pas la même situation financière qu’un jeune qui vise ses premiers Jeux en 2028, même s’ils pratiquent le même sport et s’entraînent autant.
La réalité statistique des sportifs de haut niveau
En France aujourd’hui, 9 sportifs de haut niveau sur 10 ont soit un métier, soit sont en études en parallèle de leur carrière sportive. Il n’y a que 10 % des sportifs de haut niveau qui vivent uniquement de leur sport et s’y consacrent à 100 %.
Mais avoir un métier ne suffit pas à financer une carrière. Une activité à côté permet surtout de subvenir à ses besoins et de préparer l’avenir.
Le coût réel d’une carrière sportive
Être sportif de haut niveau coûte très cher. Pour performer au niveau mondial, il faut une structure d’entraînement, un lieu pour s’entraîner, un coach, un préparateur physique, un préparateur mental, un accompagnement psychologique et diététique.
À cela s’ajoute le matériel, parfois extrêmement coûteux selon les sports, comme la voile ou le ski. Et bien sûr, les compétitions : déplacements dans le monde entier, transports, hôtels, nourriture, inscriptions.
Selon les sportifs, une saison peut coûter entre 20 000 € et 100 000 €. Ce n’est clairement pas avec un travail à temps partiel ou même à temps plein, en parallèle des entraînements, que l’on peut financer tout cela.
Un message important pour soutenir le podcast
Petit aparté avant de continuer. J’ai vraiment de l’ambition pour mon podcast et j’aimerais qu’il se diffuse le plus possible pour que le plus grand nombre de fans de sport puisse connaître les dessous des carrières de haut niveau.
Vous pouvez m’aider très simplement en mettant une note sur votre plateforme d’écoute, un commentaire et en partageant votre épisode préféré sur vos réseaux sociaux. Merci à tous.
Levier n°1 : les fédérations
Le premier levier de financement, c’est la fédération. Ce sont elles qui peuvent proposer les premières bases de financement pour les athlètes performants. Évidemment, les politiques fédérales varient énormément selon les disciplines.
De manière générale, plus tu performes, plus tu es aidé. C’est un schéma récurrent : pour être aidé, il faut gagner des titres et des médailles. Mais pour gagner des titres et des médailles, il faut pouvoir se consacrer pleinement à son sport. C’est souvent le serpent qui se mord la queue, surtout en début de carrière.
Ce que peuvent financer les fédérations
Les fédérations peuvent financer les structures d’entraînement : accès aux équipements, au matériel, aux entraîneurs, aux préparateurs physiques et mentaux, à l’accompagnement diététique, médical et paramédical, ainsi qu’à la récupération (kinés, bains froids, cryothérapie, pressothérapie).
Cette prise en charge est progressive. L’accès à la salle d’entraînement est assez courant, mais avoir tout le reste à volonté reste beaucoup plus rare.
Les fédérations peuvent aussi intervenir sur les compétitions : inscriptions, déplacements, hébergement. Là encore, cela dépend énormément des sports et des athlètes.
Levier n°2 : les pouvoirs publics
Les pouvoirs publics constituent un autre levier important : l’État, les régions, les départements.
L’Agence Nationale du Sport peut intervenir pour compenser l’impact du sport sur la vie professionnelle : indemnisation des employeurs, financement de remplaçants, ou mise en place de Contrats d’Insertion Professionnelle.
L’ANS peut aussi verser une aide sociale mensuelle aux sportifs en fonction de leurs performances et de leur potentiel aux championnats du monde et aux Jeux.
Les Maisons Régionales de la Performance peuvent également apporter un soutien, comme le financement des frais liés aux aidants sur certaines compétitions.
Enfin, les collectivités locales peuvent attribuer des aides spécifiques selon le lieu de résidence ou d’entraînement.
Le graal : les dispositifs d’insertion professionnelle
Il existe un dispositif particulièrement précieux : les contrats avec l’armée, la police, les douanes.
Le sportif est salarié comme militaire ou agent, mais détaché à 100 % pour son sport. Il se consacre uniquement à l’entraînement et à la compétition, tout en représentant l’institution.
Aux Jeux de Paris 2024, un tiers des médailles françaises ont été remportées par des sportifs issus de ces dispositifs.
Le rôle des clubs
Les clubs peuvent parfois participer aux frais de carrière. Certains athlètes sont salariés de leur club, mais c’est rare. Le plus souvent, les clubs aident à financer les entraînements, les compétitions et servent de support juridique pour le mécénat.
Depuis l’automne 2024, la Fondation du Sport Français permet aux sportifs inscrits sur liste ministérielle d’ouvrir une cagnotte en ligne avec déductions fiscales pour les donateurs.
Les équipementiers et le matériel
Le matériel est un poste de dépense majeur. Les équipementiers peuvent fournir du matériel en échange de visibilité. Le niveau d’équipement dépend fortement des performances et de la notoriété de l’athlète.
Les disparités sont énormes entre les sportifs, selon la médiatisation et la visibilité sur les réseaux sociaux.
Les sponsors privés
Les sponsors privés sont souvent le levier décisif, notamment pour les sports peu médiatisés. Ils permettent de boucler le budget lorsqu’il manque des financements publics.
Le sponsoring ne tombe pas du ciel. Il repose sur la visibilité, mais aussi sur la construction d’une image. J’en parlerai en détail dans le prochain épisode.
Conclusion
En résumé, même s’il existe de nombreux dispositifs pour financer une carrière sportive, cela reste aujourd’hui un véritable casse-tête pour la majorité des sportifs de haut niveau en France.
Avec des contrats précaires, des dossiers à renouveler et beaucoup d’incertitudes, il faut apprendre à actionner tous les leviers disponibles et construire un véritable business plan. Comme dans tout milieu indépendant, on est rarement riche, rarement à la rue, mais on doit compter sur soi-même pour faire fonctionner l’ensemble.