12.Un exemple d’accessibilité PMR baclée : le Village Olympique de Paris 2024

Ceci est une retranscription de l’épisode 12 du podcast Journal d’une parabadiste, permettant l’accessibilité au plus grand nombre (personnes sourdes, autistes, TDAH, troubles cognitifs…). Si vous souhaitez écouter l’épisode plutôt que de le lire, cliquez ici : écouter l’épisode


Bonjour et bienvenue dans l’épisode 12 de mon podcast Journal d’une parabadiste. Aujourd’hui, c’est un peu la partie 2 de mon retour des Jeux Paralympiques. Il y a deux semaines, je vous expliquais ma compétition, mon ressenti et mes matchs. On continue maintenant avec le fameux village des athlètes, dont on entend beaucoup parler avant et pendant les Jeux. Aujourd’hui, je vous en parle un peu, mais aussi de ce que j’ai vécu en dehors des terrains pendant les 10 jours à Paris et comment tout cela se passait en tant qu’athlète.

L’arrivée au village Paralympique

Tout commence avec l’arrivée au village, une procédure assez spécifique. Il faut arriver en véhicule accrédité, car les alentours du village sont très contrôlés et sécurisés. N’importe qui ne peut pas y accéder en voiture. Tout commence donc par un rendez-vous à l’INSEP où j’ai pu garer ma voiture pour les 10 jours de compétition. Ensuite, on est emmené par une voiture accréditée et on arrive sur place, à proximité de l’entrée et de l’espace accréditation.

La sécurité et l’accréditation

Dès la sortie de la voiture, des bénévoles sont là pour aider avec les valises. On doit ensuite passer par la sécurité, car tout ce qui entre dans le village passe au rayon X pour vérifier l’intérieur. C’est pareil pour les navettes qui nous déposent à l’intérieur du village et des salles de compétition : il y avait systématiquement un contrôle des véhicules avec des agents qui passaient des miroirs pour vérifier le dessous et le dessus des bus. Tout était donc extrêmement sécurisé.

Ensuite, on fait l’accréditation. Ton accréditation devient vraiment la chose la plus importante de ta vie pendant la compétition. Il faut l’avoir toujours avec soi, car c’est ton justificatif d’identité et surtout ton laisser-passer partout. Il n’y a pas le même niveau d’accréditation pour tout le monde. Par exemple, les athlètes ont accès à la salle de leur sport, à tout le village, y compris les restaurants, les espaces médias, la radio, etc. Ma cousine, qui était mon aidante, n’avait accès qu’au village tous les jours, mais pas à la salle de compétition. D’autres accréditations donnent uniquement accès au village, sans restauration, et avec des contraintes horaires très précises.

L’accréditation est donc super importante : il faut toujours l’avoir sur soi et on est amené à la présenter partout où l’on va.

Le logement au village

Au village, j’étais dans un appartement de 8 personnes, comprenant 4 chambres. J’avais une chambre pour moi toute seule avec Eugène, mon chien d’assistance. Il y avait également deux salles de bain avec toilettes, dont une salle de bain PMR. Tout était pensé pour être accessible aux PMR, mais malheureusement, comme partout, il y a souvent une différence entre ce qui est accessible sur le papier et ce qui l’est réellement.

Par exemple, dans la salle de bain PMR, le verrou pour fermer la porte était beaucoup trop petit et difficile à manipuler. Moi qui n’ai pas de force dans les doigts, je n’ai pas pu l’utiliser. J’ai donc passé 10 jours sans pouvoir verrouiller la porte de ma salle de bain et des toilettes, ce qui est assez stressant pour l’intimité. Pareil pour la porte d’entrée, très lourde, avec un seuil et un couloir recouvert de moquette épaisse. Quand on est en fauteuil roulant et qu’on n’a pas de force dans les bras, c’est très difficile d’ouvrir les portes. Ce sont des petites choses auxquelles personne ne pense jamais quand on rend un bâtiment accessible, et c’est très fréquent de se retrouver en galère dans les hôtels.

Le confort des chambres au village

Sinon, on avait vraiment tout le nécessaire dans les chambres : un étendoir, un ventilateur, une multiprise, une table de chevet, une lampe accrochée au lit. Pour répondre à une question qui m’a été énormément posée, les lits en carton et les matelas en nylon étaient très corrects ; je n’ai eu aucun souci pour dormir. À la limite, je ferais une remarque sur la couette qui était petite et pas très chaude. Avec mon autisme, j’aime beaucoup dormir avec du poids sur moi, donc la couette n’était pas idéale. Mais dans l’ensemble, nous étions très bien installés et j’ai vraiment pu bien dormir au village.

Conclusion de mon séjour paralympique

Le village olympique offre une expérience unique et bien organisée pour les athlètes, mais certaines contraintes pratiques, notamment pour les personnes à mobilité réduite, peuvent rendre le quotidien plus compliqué. Malgré tout, la sécurité, l’organisation et le confort général permettent de se concentrer sur la compétition et de profiter pleinement de ces moments exceptionnels. Mon séjour au village a été enrichissant, parfois surprenant, et m’a permis de vivre les Jeux Paralympiques d’une manière très intense et personnelle.

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