20.Une compétition internationale de parabadminton vécue de l’intérieur

Ceci est une retranscription de l’épisode 20 du podcast Journal d’une parabadiste, permettant l’accessibilité au plus grand nombre (personnes sourdes, autistes, TDAH, troubles cognitifs…). Si vous souhaitez écouter l’épisode plutôt que de le lire, cliquez ici : écouter l’épisode

Le sport de haut niveau de l’intérieur

Bonjour et bienvenue dans l’épisode 20 de mon podcast Journal d’une parabadiste. Aujourd’hui, je vous emmène avec moi sur ma première compétition de l’année pour que vous puissiez découvrir tout l’envers du décor : combien de temps ça dure, ce qu’on y fait, comment on gère les matchs et la récupération. Bref, le sport de haut niveau comme vous ne le voyez jamais.

Un épisode rendu possible grâce à La Maison Bizienne

Mais tout d’abord, cet épisode a été produit grâce à La Maison Bizienne, une chambre d’hôtes située à Guérande, cette magnifique cité médiévale où j’ai grandi. Si vous prévoyez des vacances pour découvrir la presqu’île, ses fameux marais salants et ses paysages aussi divers que sublimes, La Maison Bizienne est vraiment LE lieu pour votre hébergement. Un coin calme de la ville, à littéralement deux pas de l’intra-muros, avec un jardin bucolique, un spa… bref, tout ce qu’il faut pour passer un week-end ou des vacances de rêve. Le lien de réservation est dans la description de l’épisode, et maintenant je t’embarque avec moi à Dubaï pour cette compétition.

Avant le départ : organiser une compétition internationale

Avant même d’être sur le tournoi, il faut l’organiser. Première chose à savoir : la destination et surtout le décalage horaire. Cela influence le jour de départ, le temps passé sur place et donc le budget. Une destination comme Dubaï est assez facile : seulement deux heures de décalage horaire, six heures d’avion depuis Paris, donc un voyage pas trop lourd. Je pars la veille du premier entraînement officiel.

Le premier entraînement officiel a généralement lieu la veille ou deux jours avant la compétition. On part donc très proche de la compétition, car l’hébergement est ce qui coûte le plus cher avec l’avion. Pour tout ce qui concerne le budget de saison et l’organisation globale, je vous invite à écouter les épisodes 4, 17 et 18 du podcast.

Voyager quand on est sportive de haut niveau

Une fois la date de départ fixée, je regarde précisément les horaires des avions, en essayant de voyager de nuit, car c’est comme ça que je récupère le mieux. Il faut aussi anticiper le trajet de chez moi jusqu’à Paris. Deux options : tout faire d’un coup ou couper le voyage en deux en dormant une nuit à Paris. J’ai la chance d’avoir de la famille en région parisienne, donc je privilégie souvent cette solution, surtout pour les voyages hors d’Europe.

Ensuite, il y a la question financière : est-ce que je passe le billet sur ma société ou sur mon compte personnel, selon que le tournoi est financé par la fédération ou non. En parabadminton, nous avons la chance d’avoir une fédération qui nous apporte beaucoup de moyens. Cela demande néanmoins de la gestion et de l’anticipation, car gérer une carrière de haut niveau, c’est aussi gérer une véritable entreprise.

Arrivée sur place et logistique du tournoi

À l’arrivée, l’organisation du tournoi fournit des navettes pour rejoindre l’hôtel officiel. Parfois c’est très bien organisé, parfois beaucoup moins, avec de longues attentes à l’aéroport qui impactent la récupération et donc la performance. Dans ces cas-là, il arrive que l’on prenne un taxi par nous-mêmes.

Avant de continuer, je vous rappelle que vous pouvez vous abonner au podcast et laisser un avis sur votre plateforme d’écoute. C’est grâce à ça que Journal d’une parabadiste peut toucher toujours plus de monde.

La classification : un moment clé et stressant

Ce tournoi était particulier pour moi, car je repassais la classification. La classification consiste à évaluer le handicap des athlètes afin de les répartir dans des classes pour que les compétitions soient équitables. En parabadminton, on ne fait pas jouer un amputé de la main contre un amputé de la jambe. Si vous voulez en savoir plus, j’en parle en détail dans les épisodes 14 et 15.

J’ai demandé une réévaluation car mon handicap a évolué avec ma maladie neurodégénérative. La classification est un moment très stressant, car elle peut décider de la suite de votre carrière, voire de votre vie sportive. Une carrière paralympique peut s’arrêter sur un seul rendez-vous médical.

Pour ma part, tout s’est bien passé et j’ai été reconnue en SL3, la classe des handicaps majeurs des jambes.

Le tableau de compétition et le tirage au sort

J’ai donc fait ma première apparition en tournoi international SL3 dans un tableau de huit joueuses, avec notamment les numéros 3, 4, 7 et 9 mondiales. Le tirage au sort a été assez avantageux, ce qui m’a permis de monter en niveau de jeu progressivement et de prendre mes repères sur le demi-terrain, spécifique à cette classification.

Une journée type de match

La veille, nous connaissons l’horaire approximatif de notre match. À partir de là, toute la journée est construite autour de cet horaire : réveil, repas, navette, échauffement, passage aux toilettes. Cela peut sembler anodin, mais pour de nombreuses personnes handicapées, la gestion de la vessie et des sphincters est un enjeu crucial, notamment en compétition.

Nous sommes appelés en chambre d’appel environ quinze minutes avant le match, puis nous rejoignons le terrain avec les arbitres. Après quelques minutes d’échauffement, le match commence.

Récupération, repos et gestion de l’énergie

Après le match, je quitte rapidement la salle pour récupérer. Douche chaude, piscine si possible, étirements avec le kiné de l’équipe de France : tout est pensé pour gérer la spasticité et la fatigue. Les journées passent vite et le repos est une priorité.

Il faut aussi gérer tout ce qui entoure le sport : réseaux sociaux, visuels, communication, newsletter. À Dubaï, l’écran de mon ordinateur s’est cassé pendant le vol, ce qui a rendu cette gestion encore plus compliquée. L’adaptation constante est une vraie clé quand on est à la fois sportive et cheffe d’entreprise.

Résultats sportifs et fin de tournoi

Je suis sortie première de poule, j’ai gagné contre la numéro 7 mondiale, atteint la finale et remporté une médaille d’argent. J’étais venue uniquement pour la classification et je repars avec un résultat sportif très satisfaisant, mais surtout avec un niveau de jeu au rendez-vous, ce qui reste l’essentiel.

Conclusion

Cette compétition à Dubaï m’a permis de vous montrer concrètement ce qu’est une compétition internationale de badminton vécue de l’intérieur : la préparation, la logistique, le stress, la récupération et l’adaptation permanente. Derrière chaque match, il y a une organisation millimétrée, beaucoup d’énergie dépensée et une passion immense pour le sport. J’espère que cet épisode vous aura permis de mieux comprendre les coulisses du sport de haut niveau paralympique.

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